Burkina Faso: Zida dans le viseur de la justice

Une procédure pour « désertion en temps de paix » et « refus d’obtempérer » a été engagée, le jeudi 16 septembre 2016, en l’encontre du Général Isaac Yacouba Zida, ancien Premier ministre burkinabè de transition. Cette procédure est une initiative de Roch Marc Christian Kaboré, Président et ministre de la Défense du Burkina Faso, selon aune source militaire de son entourage, préférant rester anonyme.

Le chef de l’État a précisé qu’il s’agit d’une procédure tout à fait normale et classique, qui concerne tout militaire en situation d’absence régulière à son poste. Isaac Zida est actuellement au Canada. En juin dernier, a été déjà sommé par le président de rentrer au pays. Sans succès.

Un second officier, préférant rester anonyme lui aussi, a assuré que le processus est irréversible. Même le retour, au bercail, de l’intéressé n’éteindra pas la procédure en cours. Qu’il soit  présent ou non, un conseil d’enquête sera mis en place pour prononcer la sanction contre tout militaire en absence irrégulière en application du Règlement de Discipline Générale (RDG).

Une autre procédure…

Une éventuelle poursuite se profile à l’horizon contre  Isaac Zida. La justice burkinabè pourrait s’intéresser à  lui pour des faits en rapport avec l’insurrection populaire d’octobre 2014.

La procureure du Faso Maiza Sérémé a indiqué, le mercredi 14 septembre 2016, au cours d’un point de presse, que l’ancien premier ministre de la transition Yacouba Isaac Zida pourrait être visé par un mandat d’arrêt  pour son implication présumée dans la répression de l’insurrection populaire d’octobre 2014.

Un rapport de la commission d’enquête indépendante le met en cause en tant que chef des opérations de l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP). Le rapport en question révèle que c’est Zida, dans son rôle de  chef de corps adjoint qui a mené les opérations, en donnant des instructions aux hommes sur le terrain.

« Si il doit répondre, il va répondre devant le juge d’instruction et peut être devant la Haute cour de justice si effectivement sa responsabilité doit être engagée. C’est pour cela qu’au vu de l’exploitation du rapport qui sera fait par les juges d’instructions, si il y a lieu de lancer des mandats d’arrêts, cela sera fait je puis vous l’assurer », a indiqué Maiza Sérémé.

A la fin de la transition, le général Zida s’est exilé au Canada où il vit avec sa famille. Et depuis, Il fait la sourde oreille  aux appels à rentrer au bercail que lui lancent les autorités burkinabès.

« La commission est passée par le ministre de la Défense (Roch Kaboré, ndlr), elle n’a pas pu l’entendre. Par sa boite mail, elle n’a pas pu l’entendre. Par convocation par voie d’huissier, le général Zida n’a pas répondu. C’est dire aussi que le juge d’instruction, au cours de l’instruction avait lancé une convocation pour entendre le Général Zida dans la procédure et il n’a pas répondu. Le juge d’instruction a adressé un courrier au ministre de la Défense afin que Zida reçoive cette convocation et puisse répondre devant la justice. Et jusqu’à nos jours cela n’a pas été fait », a confié la procureure du Faso.

Que risque Zida ?

En plus d’une  radiation du tableau d’avancement, Isaac Zida, est  passible devant le tribunal militaire pour infraction au code militaire. Il risque, aussi, l’admission à la retraite d’office une radiation avec versement de ses droits légaux ou encore une mise en non-activité par retrait ou suspension d’emploi tout simplement.

Guy De Bagnon avec AFP

Réactions

Vous aimerez aussi...