Du carburant toxique en vente en Côte d’Ivoire

Des  négociants suisses écoulent, en Afrique, du carburant dont les teneurs en soufre sont  300 fois plus élevées qu’en Europe. L’information a été révélée le jeudi  15 septembre 2016 dans un rapport d’enquête publié par l’ONG Public Eye.

Pour parvenir à cette conclusion, l’ONG suisse a enquêté pendant trois ans dans huit pays d’Afrique: Angola, Bénin, République du Congo, Ghana, Mali, Sénégal, Zambie et  la  Côte d’Ivoire. Leur point commun: la forte implantation de géants pétroliers suisses comme Trafigura, Vitol ou Oryx. Public Eye a analysé une série d’échantillons prélevés dans ces différents pays africains. Le constat est sans appel. Plus des deux tiers des échantillons de diesel ont une teneur en soufre supérieure à 1500 parties par million (ppm), soit 150 fois la limite européenne (de 10 ppm).  Mali en a le triste record avec une teneur de 3780 ppm.

L’enquête révèle aussi que ces négociants véreux ne se contentent pas, uniquement, de vendre de l’essence et du diesel hautement toxiques. Ils vont encore plus loin en fabriquant des produits baptisés « qualité africaine ». Une sorte de cocktail de « divers produits pétroliers semi-finis et d’autres substances pétrochimiques ».

Toujours selon l’ONG, les négociants profitent du laxisme et de la faiblesse des standards des pays africains en la matière pour faire prospérer leur entreprise macabre. Une véritable injustice.

 « De nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, qui exportent vers l’Europe du pétrole brut d’excellente qualité, reçoivent ainsi en retour des carburants toxiques », observe Public Eye.

Le rapport finit par suggérer aux Etats concernés, d’adopter des législations plus contraignantes afin d’éviter à l’Afrique de battre le record mondial du taux de mort prématurée lié à la pollution automobile.

Guy de Bagnon

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