Entrepreneuriat social: trois ivoiriens à Dakar pour le Bootcamp Ashoka Sahel

Connu pour son vaste réseau d’entrepreneurs sociaux à travers 80 pays, Ashoka a rassemblé, du 05 au 07 octobre 2016, plus de vingt porteurs de projets issus de la zone Ouest-Africaine. À ce rendez-vous, ont été invités trois ressortissants de la Côte d’Ivoire.

Le Bootcamp de Dakar – en forme longue American Express Emerging Innovators Bootcamp Dakar – a pour but de rassembler des « entrepreneurs sociaux et leaders d’opinion afin de leur transférer une variété de compétences », rappellent American Express et Ashoka Changemakers, les organisateurs de l’événement.

Il ne dure que trois jours. Cependant, les profils variés des participants ainsi que les intervenants, tous aussi passionnés qu’expérimentés, font de cette rencontre, un tournant enrichissant pour Jacquellin Adon, Justin Boni, et Samuel Guébo.

Un carrefour d’expériences sociales variées

L’un des mérites des organisateurs est d’avoir rassemblés, au sein de l’hôtel Djoloff à Dakar, des porteurs de projets venus d’un large spectre de pays africains : Sénégal, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire Gabon, et Mali. Si l’origine géographique de ces entrepreneurs est variée, la nature de leurs initiatives l’est encore plus.

Quand Ken Aicha Sy utilise son réseau d’acteurs, d’artistes et de professionnels de la culture pour promouvoir le développement du Sénégal, Sawadogo Hado Nicaise apporte, quant à lui, l’instruction en milieu carcéral au Burkina Faso. Ainsi, à plus de 1700 Km de Ken Aicha Sy et de son projet Wakh’Art, Nicaise met en œuvre « Ecole pour tous », une alternative de formation continue aux prisonniers des centres pénitentiaires Burkinabé.

« Le Bootcamp fut une opportunité unique qui a contribué au renforcement de nos capacités. Il nous a offert aussi l’occasion de rencontrer d’autres jeunes leaders qui font aussi bien la différence dans leurs communautés et dont l’histoire pourrait bien nous inspirer », se réjouit Justin Boni, représentant le Réseau des Entrepreneurs Sociaux Ivoiriens (RESCI)

Solutions technologiques au Gabon, emplois verts au Bénin, initiation des 8-15ans au code informatique en Côte d’Ivoire, ou encore arts oratoires au Cameroun, pour ne citer que ces projets, sont autant d’initiatives propulsées par ces jeunes participants à travers l’Afrique.

« Peer-mentoring » ou coaching par les pairs

La singularité de chaque initiative, si elle aurait pu constituer un handicap au partage d’expérience, est au contraire un atout majeur. Constituées d’ateliers pratiques, les journées du Bootcamp ont poussé les participants à exprimer leurs expériences, leurs succès, mais surtout leurs défis quotidiens et leurs insuffisances.

Par des exercices tels que le « peer-mentoring » ou coaching par les pairs, les participants ont formulé leurs difficultés. Leurs pairs en retour, ont proposé des alternatives inspirées d’angles de vue différents. Cet exercice s’est révélé d’une efficacité des plus redoutables.

Trois initiatives sociales, un même but

Sélectionnés sur plus de 240 candidatures à ce Bootcamp, Jacquelin, Justin et Samuel sont les porte-voix d’actions menées sur divers fonts sociaux en Côte d’Ivoire.

Jacquelin représente Aider-Donner-Nourrir (ADN),  une association qui forme les jeunes au leadership en utilisant comme modèle le bénévolat. Justin Boni, quant à lui, met en réseaux les porteurs de projets d’entreprise grâce au Réseau des Entrepreneurs Sociaux Ivoiriens (RESCI) qu’il dirige. Au sein de ce réseau, Justin emmène les jeunes ivoiriens à fédérer leurs compétences pour donner vie à des initiatives concrètes d’entreprise.

Code.ci, dont Samuel Guébo est le Secrétaire Général est, une association qui se penche sur les défis sociaux en Côte d’Ivoire en y répondant par le numérique. Dans le cadre de l’éducation des jeunes, l’Association enseigne la programmation informatique à la tranche 8-15 ans.

Ces initiatives ivoiriennes, bien qu’à cheval sur des secteurs différents, poursuivent un but quasi similaire.  Elles offrent aux jeunes, un environnement où ceux-ci peuvent acquérir une expérience pratique et développer leurs compétences par le bénévolat.

« Dans un contexte de chômage accru des diplômés, les initiatives sociales pourraient combler le gouffre entre les exigences pratiques du monde professionnel et les insuffisances de la formation académique. » explique Samuel Guébo, Secrétaire Général de Code.ci

 Philomène Touré

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