Les Etats d’Afrique centrale engagés sur la voie d’un difficile redressement

Réunis à Paris jeudi, les ministres des finances de la zone franc se sont fixé l’objectif de mieux collecté l’impôt.

« Il est toujours difficile de réduire le déficit. Tout le monde est toujours d’accord pour réduire les dépenses, sauf chez lui. » Le constat, en forme de boutade, dressé, jeudi 5 octobre, par le ministre français de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, pourrait bien s’appliquer à la France. Il concerne plus directement certains Etats africains de la zone franc, dont les grands argentiers se sont retrouvés à Bercy, en présence de leur homologue français, pour faire le point, comme tous les six mois, sur la situation économique et budgétaire.

Les difficultés se concentrent du côté de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) – Cameroun, Centrafrique, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad –, l’une des sous-régions de la zone franc. L’effondrement des prix du pétrole a plongé ces pays dans une crise violente, en décimant leurs recettes budgétaires. En décembre 2016, les six Etats ont collectivement appelé le Fonds monétaire international (FMI) à l’aide.

Dix mois plus tard, la situation se redresse péniblement. Après avoir basculé dans la récession, en 2016, pour la première fois depuis près de vingt ans (– 0,7 % contre + 3,1 % pour l’ensemble de la zone franc), la Cemac devrait renouer timidement avec la croissance en 2017. Quatre Etats – le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon et le Tchad – ont finalisé, au tournant de l’été, des plans d’ajustement avec le FMI.

Aides financières d’une ampleur inédite

L’institution a consenti des aides financières d’une ampleur inédite, en échange d’économies très rudes. Ainsi, au Tchad, des coupes radicales ont été effectuées dans les salaires de la fonction publique. Les premiers décaissements du FMI ont permis un début d’amélioration des réserves de change. Celles-ci s’étaient dramatiquement détériorées jusqu’à atteindre, fin 2016, l’équivalent de deux mois d’importations. La France est aussi venue en renfort avec un apport financier de 1 milliard…

Marie de Vergès

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