Gabon : Ali Bongo a prêté serment pour son second mandat

Ali Bongo Ondimba a prêté serment pour un deuxième mandat, ce mardi 27 septembre 2016, au Palais du Bord de Mer de Libreville. Cette investiture  pour un second septennat du fils Bongo intervient après quatre jours après la validation de sa réélection par la Cour constitutionnelle et un mois après le seul et unique tour de l’élection gabonaise.

Ali Bongo, la main droite levée vers le drapeau gabonais et l’autre posée sur la Constitution.

« Je jure de consacrer toutes mes forces au bien du peuple gabonais en vue d’assurer son bien-être et de le préserver de tout dommage, de respecter et de défendre la Constitution et l’État de droit», a affirmé le chef de l’État lors d’une cérémonie très solennelle, introduite par la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, Marie-Madeleine Mborantsuo.

Appel au dialogue

Dans son discours d’investiture, Ali Bongo a une nouvelle fois invité ses opposants au dialogue. « J’invite toutes les forces vives de la Nation à s’asseoir ensemble afin de trouver les solutions », a-t-il déclaré, déplorant « les événements malheureux » ayant suivi la proclamation des résultats. Le 31 août, des violences meurtrières inédites avaient éclaté dans le pays, où des centaines d’arrestations avaient eu lieu.

Le chef de l’État a également mis en avant ses promesses de campagne : placer la jeunesse au cœur de son prochain septennat, mettre en oeuvre son programme d’« égalité des chances » et parvenir à l’« émergence » de l’économie gabonaise, malmenée par la chute des cours du pétrole. Son gouvernement sera nommé « dans les prochains jours », a-t-il également précisé.

Outre sa mère, Patience Kama Dabany, et d’autres membres de sa famille Ali Bongo a  prêté serment en présence de seulement quatre  chefs d’Etat africains, notamment les présidents Ibrahim Boubacar Keïta(Mali), Faure Gnassingbé(Togo), Mahamadou Isssoufou (Niger) et Evaristo Carvalho (São Tomé-et-Príncipe).  Moins nombreux qu’en 2009, pour sa première investiture, où une dizaine de chefs d’Etat ont effectué le déplacement.

Le Maroc, le Tchad, le Congo-Brazzaville, le Sénégal, et la Centrafrique ont été représentés par leurs Premiers ministres. Le Rwanda a pour sa part dépêché le président du Sénat à Libreville ; la RDC et la Guinée-Équatoriale ont envoyé les présidents de leurs Assemblées nationales. Quant au Cameroun et à la Côte d’Ivoire, ils ont été représentés par le ministre de la Justice camerounais et le médiateur de la République ivoirienne. La France, comme les États-Unis, ont envoyé leurs ambassadeurs respectifs au palais du bord de mer. Depuis la proclamation des résultats provisoires le 31 août dernier, Washington et Paris n’ont pas ménagé leurs critiques concernant le processus électoral et le verdict de la Cour constitutionnelle. La décision de la Cour n’a « pas permis de lever tous les doutes », a ainsi affirmé le Quai d’Orsay.

Le grand absent

Du côté de l’opposition, certains anciens candidats ont fait le déplacement, dont Raymond Ndong Sima, Bruno Ben Moubamba ou encore Dieudonné Minlama Mintogo.

Le grand absent a été Jean Ping. Le samedi 24 septembre, il a dénoncé la décision « inique » de la Cour constitutionnelle. « Nous ne sommes pas concernés par cette cérémonie », a un peu plus tôt déclaré son porte-parole.

Au total, quelque 600 personnes ont fait le déplacement au palais du bord de mer,ce mardi le porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie By Nzé.

Guy de Bagnon  avec jeune Afrique

 

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