Gabon : Ali Bongo étonné du silence sur le  présumé hacker ivoirien.

Le président fraîchement réélu mais contesté du Gabon, Ali Bongo, s’est « étonné », ce  mercredi  07 septembre 2016, du mutisme de  la presse,  de la communauté internationale et de ses détracteurs  face à la question du présumé hacker ivoirien Sihifowa Yeo. Avec pour mission « d’organiser la fraude » pour son rival Jean Ping.

« C’est étonnant qu’on crie à la fraude pour le résultat dans le Haut-Ogoué et on entend pas crier à la fraude alors que nous venons de présenter un personnage dont la mission ici était d’organiser cette fraude. Je suis étonné qu’on  n’en parle pas », a déclaré Ali Bongo sur les antennes de Radio France Internationale (RFI). Avant de  préciser que l’Ivoirien a été « pris la main dans le sac » dans une tentative de fraude en faveur de Jean Ping.

Le mode d’emploi

Interpellé au motif « d’atteinte à la sécurité et à la sûreté de l’Etat » gabonais, cet Ivoirien de 35 ans, est  vite passé aux aveux.

Sihifowa Yeo dit avoir été mandaté, au Gabon pour l’élection présidentielle, par Jean Marc Zoé, présenté comme un « chargé de mission » à la présidence de Côte d’Ivoire. Comme en témoigne un élément vidéo diffusé le  dimanche 04 septembre 2016 sur une chaîne de télévision.

Il a avoué s’être rendu à Libreville pour « mettre en place un système de collecte de données relatives aux élections présidentielles pour le compte du candidat Ping », par la création d’une application androïd dénommée « Regardez les élections au Gabon (REGAB) ».

Pour le gouvernement, il s’agit d’une « application pirate (…) reconnue pour pirater l’ensemble des données personnelles de ses utilisateurs », en plus de « l’échange de données incontrôlées ».

Selon le  génie de l’informatique jusqu’à la proclamation officielle des résultats, son système avait recueilli les résultats issus de moins de 1.600 bureaux de vote dépouillés sur 2.579 au total.

On note aussi que plusieurs téléphones satellitaires et des émetteurs-récepteurs semblables à ceux utilisés par les forces gabonaises ont été saisis lors de son interpellation, selon les autorités.

Un recomptage des voix en cas de saisine de la Cour constitutionnelle.

Jean Ping, depuis la proclamation officielle des résultats, a appelé au recomptage des voix par bureau de vote. Une position que partage la communauté internationale. L’Union européenne (UE) a mis en doute les résultats du scrutin du 27 août et le Premier ministre français, Manuel Valls, a suggéré mardi qu’il serait sage de recompter les voix.

Des critiques qu’Ali Bongo a jugés « biaisées ». Pour lui, il y aura de nouveau comptage des voix de l’élection présidentielle au Gabon, seulement, en cas de saisine de la Cour constitutionnelle.

« Nous avons une loi qui a été votée en 1996 et qui régit tout le processus électoral, je ne peux pas, moi, violer la loi (…)  En ce qui concerne le recomptage, cela est prévu dans le cadre de la loi et se fait au niveau de la Cour constitutionnelle », a déclaré Ali Bongo sur RTL, ce mercredi 07 septembre 2016.

Afin de sortir de cette impasse, l’Union Africaine (UA) envisage l’envoie, prochain, d’une délégation de chefs d’Etats africains pour une médiation.

Guy De Bagnon avec alerte Info/ AFP

 

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