Gabon : la Cour constitutionnelle confirme la réélection du président Ali Bongo

La Cour constitutionnelle gabonaise a validé, dans la nuit du vendredi 23 au samedi 24 septembre 2016, la réélection du président Ali Bongo Ondimba. Rejetant  ainsi , les recours déposés par l’opposant Jean Ping après la présidentielle du 27 août 2016.

La Cour, tout en modifiant partiellement les résultats du scrutin du 27 août, a indiqué qu’Ali Bongo garde une avance sur son rival, qui s’est auto-proclamé élu après l’élection. Lors de l’audience à Libreville, dans une salle quasiment déserte, la Cour a indiqué qu’Ali Bongo a recueilli 50,66% des suffrages contre 47,24% pour jean Ping, avec un taux de participation s’élevant à 57,35%.

Ali Bongo Ondimba s’est exprimé peu de temps après au palais présidentiel de Libreville. Le président réélu pour un second septennat a tendu la main à ses opposants, les appelant à « travailler » avec lui.

« J’appelle tous les responsables politiques, y compris les candidats malheureux à l’élection du 27 août, à un dialogue politique », a-t-il déclaré. Avant de clore son discours par un « plus jamais ça », en parlant d’une campagne présidentielle extrêmement dure et violente. Et d’ajouter, « Lorsqu’au sortir d’une élection des familles pleurent des morts, c’est une trahison de la démocratie ».

Âgé de 57 ans, Ali Bongo a été élu une première fois en 2009 à la mort de son père, Omar, resté au pouvoir 41 ans.

Jean Ping, ancien cacique du régime passé dans l’opposition, a demandé notamment un recomptage des bulletins de vote dans la province du Haut-Ogooué.

Dans ce fief familial de la famille Bongo, le président sortant a obtenu, selon les résultats de la commission électorale qui ont mis le feu aux poudres le 31 août, 95% des voix pour 99% de participation, lui garantissant au plan national une avance de quelque 5 000 voix sur Jean Ping, sur un peu plus de 325 000 électeurs.

Réaction du camp Ping

Pour l’opposition, la décision de la cour constitutionnelle gabonaise n’a rien de surprenant, créant un sentiment de frustration et d’amertume que Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, le chargé de la communication de Jean Ping cache difficilement.

 « Comme on dit chez nous, la tour de Pise a encore penché du même côté, comme toujours. Mais on n’oubliera jamais que les Gabonais sont allés voter le 27 août, on n’oubliera jamais comment les Gabonais ont voté le 27 août », a déclaré Jean Gaspard Ntoutoume Ayi.

Et d’ajouter, « Il n’y a pas de message qu’on envoie ce soir aux militants de l’opposition, il y a un sentiment de dégoût par rapport à ce qui s’est produit, qu’on exprime, c’est tout. On n’envoie aucun message, ni pour faire ni pour ne pas faire. »

Avant de conclure, «  La violence au Gabon est une violence d’Etat qui s’exerce sur les Gabonais, ce n’est pas la violence de M. Ping. »

Libreville verrouillée 

Depuis vendredi soir les rues de Libreville sont désertes, de nombreux habitants redoutant de nouvelles violences en cas validation de la réélection du président sortant par la cour.

Déjà, dans la matinée à Libreville, des files d’attente se sont formés devant des banques et des guichets automatiques.

Un dispositif policier et militaire très important a déployé dans le centre de la capitale où aucun acte de violence n’a été signalé peu avant 01h00 GMT.

Le 31 août, la proclamation de la réélection d’Ali Bongo a provoqué des émeutes meurtrières et des pillages massifs à Libreville et dans plusieurs villes de province, traumatisant un pays plutôt habitué à la paix.

L’exécutif a mis en garde dès mercredi 21 septembre Jean Ping qu’il serait arrêté s’il franchissait « la ligne rouge » dans l’hypothèse où il n’obtiendrait pas gain de cause en justice.

Pour l’instant c’est un calme plat qui règne dans la capitale gabonaise.

Guy de Bagnon avec l’AFP

 

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