Marche contre la nouvelle constitution. L’opposition dénonce une « répression sauvage »

« Surprenant et inacceptable ». C’est par ces mots que Danielle Boni Claverie, au nom du Front du refus, s’est insurgée contre « la répression sauvage » dont ils ont été l’objet, lors d’une marche organisée ce jeudi 20 octobre 2016. Dans l’après-midi de ce même jour, les leaders du « Front du refus » (coalition contre la nouvelle constitution, ndlr) ont animé une conférence de presse. « Une vingtaine de blessés et une cinquantaine d’arrestations ». Dont des membres du « Front » qui, eux, ont été relâchés un peu plus tard.

Tout commence dès le matin. Vers 8 heures. Les militants et autres leaders de l’opposition (opposée la nouvelle constitution) se rendent aux différents points de ralliement pour rejoindre le Plateau. « Notre marche a été autorisée par le Préfet d’Abidjan », souligne Danielle Boni Claverie. Sur place, un important dispositif de policiers anti-émeutes les attend.

« Non à la Monarchie Ouattara », peut-on lire sur un panneau brandi par un des opposants qui réclament le « retrait pur et simple » du projet de Constitution. « Funeste et dangereuse ». C’est ainsi que l’opposition qualifie la constitution,  accusant le président ivoirien Alassane Ouattara de proposer un « projet de désaccord et de rupture sociale ».

Après avoir prévenu les opposants que la manifestation n’était pas autorisée, les policiers tirent des gaz lacrymogènes et interpellent plusieurs leaders et élus lors d’une empoignade qui a duré plusieurs minutes.

Parmi les personnes arrêtées : Aboudramane Sangaré, un « frondeur » du Front populaire ivoirien (FPI – parti d’opposition, créé par l’ancien président Laurent Gbagbo), Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale et chef de Lider (parti d’opposition), Danielle Boni Claverie, une ancienne ministre, Konan Kouadio Siméon, ancien candidat à la présidentielle, et Gnamgbo Kacou, un député indépendant. « Voilà la démocratie de Ouattara », lance à la presse M. Koulibaly, après avoir été embarqué dans un véhicule de la police.

Garder le cap

« Pour nous, c’est un succès. C’est une victoire », se réjouit l’ancienne ministre Boni Claverie, en annonçant que « le mot d’ordre est maintenu ». Objectif selon l’opposition : « Emmener Alassane Ouattara à retirer son projet de constitution ». Les membres du Front du refus projettent d’organiser un meeting à Yopougon-Ficgayo, le samedi 22 octobre 2016. Jour même de l’ouverture de la campagne pour le référendum.

Philomène Touré

Réactions

Vous aimerez aussi...