Relations Côte d’Ivoire-Gabon : « Il ne peut y avoir de flou »

Le président Ivoirien, Alassane Ouattara, a accordé une audience, le mercredi 14 septembre 2016 en fin d’après-midi, à Pacôme Moubelet Boubeya, ministre de l’intérieur, de la décentralisation, de la sécurité et de l’hygiène publique du Gabon. Au menu des échanges, la crise poste électorale au Gabon et les relations entre la Côte d’Ivoire et ce pays frère d’Afrique centrale.

À sa sortie d’audience, Pacôme Moubelet Boubeya a confié à la presse être « venu à la demande du Chef de l’Etat gabonais transmettre un message d’union et de fraternité au président Alassane Ouattara. Au cours de notre échange nous avons aussi fait le bilan de la situation gabonaise ».

Concernant l’état actuel des relations ivoiro-gabonaises, le ministre gabonais a affirmé qu’« il ne peut y avoir de flou entre la Côte d’Ivoire et le Gabon».

Et pourtant…

Et pourtant, pendant l’élection présidentielle au Gabon, la Côte d’Ivoire s’est vue pointer du doigt du fait des agissements d’un de ses ressortissants qui, plus, est le conseiller du chef de l’Etat ivoirien.  En effet, le pouvoir gabonais a accusé  Mamadi Diané d’avoir prêté main forte à Jean Ping en fournissant des hackers et des conseils à ce dernier quant à la position à adopter suite aux élections. Situation inconfortable pour le président Ivoirien dont l’entourage a  déjà fait parler de lui pendant la dernière présidentielle au Burkina avec l’affaire de « écoutes téléphoniques ».

Après la diffusion des informations par le pouvoir d’Ali Bongo, Ouattara a décidé de mettre fin aux fonctions de son conseiller.

« Suite aux informations relatives à l’ingérence de Monsieur Mamadi Diané dans le processus électoral de la République sœur du Gabon, il est  mis fin à ses fonctions de Conseiller Spécial à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, à compter de ce jour», révèle le communiqué de la Présidence de la République avant de signifier que  la Côte d’Ivoire « condamne cet acte d’ingérence et rassure les autorités et le peuple gabonais qu’elle tient au strict respect de la souveraineté de la République Gabonaise ».

 Une réaction saluée par le ministre gabonais. «le président de la République de Côte d’Ivoire a simplement pris des décisions qui s’imposaient pour qu’il n’y ait pas de doutes possibles ni d’interprétation quelconque sur le fait que certaines de ces personnes travaillaient à la présidence de la République. Sinon, les relations avec la Côte d’Ivoire et le Gabon ne pourraient être entamées par qui que ce soit », a- t-affirmé .

Le présumé hacker ivoirien interpellé au Gabon, Shihifowa Yéo, accusé de « fabrication de faux procès-verbaux, mise en place de collecte de données et falsification de résultats » est derrière les barreaux à Libreville depuis le 31 août. Il a été présenté devant un juge pour sa première comparution, le mardi 13 septembre 2016.

Guy De Bagnon

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