3500 emplois directs et 13.000 emplois indirects. Une forte présence des femmes (80% de l’effectif dans les usines). Ce sont les chiffres de l’industrie halieutique, donnés par le premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan.

Dans les PME/PMI ou dans le secteur informel, les eaux ivoiriennes font travailler des milliers de personnes. Plusieurs professionnels et petits métiers juteux rentrent en ligne de compte. Au-delà de l’industrie thonière, qui offre le plus de possibilité dans ce domaine, tout le secteur est pourvoyeur d’emplois et le terrain est propice aux initiatives. Pour vous donner une vision des métiers de la pèche et du froid en Côte d’Ivoire, nous avons passé en revue les différentes catégories d’acteurs du secteur halieutique en Côte d’Ivoire.

Par David Dolégbé

Les pécheurs industriels et traditionnels

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Les industriels sont les plus productifs. Avec les moyens modernes : chalutiers et  grands bateaux de pêche. Ici,  nous avons affaire à des professionnels de la pêche. Des marins aux dockers, en passant par les matelots et tous les autres corps de métiers qui s’aventurent la plupart du temps en eau profonde.

Parallèlement, la pêche traditionnelle permet, quoique pour peu, à des citoyens de gagner leur vie. Ce sont des pécheurs locaux ou des expatriés Ghanéens qui, à l’aide de pirogues ou de bateaux pinasses, font le tour des lagunes ou des bordures de la mer pour ravitailler le marché en poissons d’eau douce, mais beaucoup plus en crustacés.

Les métiers de la conservation et de la vente

Ici aussi, les moyens modernes et traditionnels s’entremêlent. Nous avons les grossistes et les entreprises qui conservent le poisson dans du grand froid. Et les revendent aux particuliers à travers des poissonneries. Celles-ci prolifèrent et se développent de plus en plus dans la capitale. Elles recrutent plusieurs personnes.

À côté des poissonneries (modernes), nous avons des femmes, comme celles d’Abobo-Doumé, qui conservent le poisson en les fumant. Elles sont dans des coopératives qui recrutent une centaine de femmes en bordure des eaux. En ce qui concerne le poisson thon, la particularité est qu’il existe des sortes de conserveries gérées par des étrangers qui ravitaillent les vendeurs de Garba.

En parallèle à ceux ci-dessus cités, nous retrouvons les revendeurs de poisson. Les « trafiquants » de poisson. Ce sont ces personnes qui achètent le poisson au détail sur les bateaux pour le revendre ensuite au marché. Ils sont de plus en plus nombreux à squatter les ports de pêche et points de débarquement pour négocier les prix du poisson avant de les revendre.

La restauration

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Les vendeurs de Garba sont les maîtres de cette troisième catégorie des métiers du poisson. La restauration. Il y a les vendeuses de poisson au marché ; les vendeuses d’attiéké accompagné de poisson (attiéké de femme) ; nos célèbres « garbadromes » (gérés par des hommes, des Nigériens notamment) ; les vendeurs (euses) de mâchoirons piqués, poissons fumés, poissons braisés, soupe de poisson ou toutes celles qui préfèrent ajouter du poisson dans les sauces qu’elles proposent comme accompagnement à la clientèle ivoirienne très frileuse de poisson.

Elevage

N’oublions pas les pisciculteurs. Ces éleveurs de poissons, acteurs importants de la filière halieutique. Même si leur apport reste encore insignifiant, leur métier contribue à la pérennisation du patrimoine halieutique de la Côte d’Ivoire.

Une concurrence déloyale oppose les pêcheurs locaux et les grands groupes industriels. Une gestion durable et un partage équitable des revenus (et) des eaux, et des formations aux techniques de pêche, restent nécessaires pour équilibrer les choses dans le secteur.

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