Affaire « Biens mal acquis »:Teodorin Obiang,renvoyé en correctionnel

Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale, soupçonné de s’être frauduleusement bâti en France un patrimoine considérable, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris, a apprend-t-on ce  mercredi 07 septembre 2016.

Teodorin Obiang, par ailleurs, vice-président de Guinée équatoriale,  est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption.

« La France va accueillir le premier procès sur les biens mal acquis », s’est félicité William Bourdon, avocat de l’ONG Transparency International France et président de Sherpa.

L’instruction a permis d’établir que Teodorin Obiang a acquis « en France, entre 2007 et 2011, soit directement, soit par l’intermédiaire de prête-noms ou sociétés écrans, un patrimoine mobilier et immobilier évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros » ont relevé les juges dans leur ordonnance rendue le lundi 05 septembre 2016.

Il s’est constitué ce patrimoine pendant son passage au ministère de l’Agriculture et des Forêts. Il a ensuite  investi l’argent « de la corruption » et « le produit des détournements de fonds publics » de son pays, en France ont-ils ajouté, suivant les réquisitions du parquet national financier (PNF). Celui-ci a  demandé le 23 mai son renvoi en procès.

Hôtel particulier de 4.000 m2 dans le très chic XVIe arrondissement de Paris, voitures de marques prestigieuses, acquisition d’une partie de la collection Yves Saint Laurent-Pierre Bergé pour 18,3 millions d’euros, grands crus, costumes sur mesure: les dépenses somptuaires de Teodorin Obiang en France. Une opulence qui contraste avec le vécu quotidien des  équato-guinéens. Une population dont la moitié des habitants est  sous le seuil de pauvreté.

Teodorin Obiang a multiplié les actions en justice pour tenter de mettre un terme à la procédure française.

Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l’époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale, espérant bénéficier d’une immunité. Mais la Cour de cassation a  estimé que les faits reprochés ont été commis à « des fins personnelles », relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale.

Le camp Obiang s’est aussi tourné vers la justice internationale: la Guinée équatoriale a saisi le 13 juin la Cour internationale de justice de La Haye, le plus haut organe judiciaire de l’ONU, pour que soit mis fin aux procédures engagées en France.

Sont dans le viseur de la justice française Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimda.

Guy de Bagnon avec AFP

 

 

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